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27/06/2018

Communion au corps et sang 1

Bonjour à toutes et tous,

 

Depuis quelques temps je me demandais comment interpréter le passage : « Qui mange ma chair et bois mon sang, demeure en moi et moi en lui… ». Faut-il communier physiquement au corps et au sang du christ ?… J’ai reçu aujourd’hui le texte ci-après qui, pour moi, répond clairement à la question. Amicalement. André.

 

Guigues II le Chartreux ( XIIème siècle) « Celui qui me mange vivra par moi »

Le pain de l'âme, c'est le Christ, « le pain vivant qui est descendu du ciel» et qui nourrit les siens, maintenant par la foi et dans le monde futur par la vision. Par la foi, le Christ habite en toi car la foi au Christ c'est le Christ dans ton cœur. Tu possèdes le Christ dans la mesure où tu crois en lui.

La part de foi que tu as reçue est comme le petit morceau de pain dans ta bouche. Mais si tu ne médites pas fréquemment et pieusement ce que tu crois, si tu ne le mâches pas en quelque sorte, en le triturant et en le retournant avec les dents, c’est-à-dire avec les sens de ton esprit, il ne franchira pas la gorge, c'est-à- dire qu'il ne parviendra pas jusqu'à ton intelligence. Par l’intelligence, la nourriture spirituelle passe dans l'affection du cœur pour que tu ne négliges pas ce que tu as compris mais que tu le recueilles avec soin par l'amour. C'est en vain que tu as compris si tu n'aimes pas ce que tu as saisi, car la sagesse est dans l'amour. L'intelligence précède l'esprit de sagesse et ne goûte que d'une manière transitoire mais l'amour savoure ce qui demeure.

Dans l'amour se trouve toute la force de l'âme. C'est là qu'afflue toute sa nourriture vitale. De là, la vie se diffuse dans tous les membres que sont les vertus. « En toute vigilance, dit le Seigneur, garde ton cœur, car c'est de lui que jaillit la vie» (Pr 4.23).! L'amour, comme le cœur, est placé au centre. Vers lui progressent en se consolidant les trois choses qui le précèdent: foi, méditation et intelligence ; de lui partent en bonne direction celles qui en découlent.
En premier lieu, de l'amour procède l'imitation. Qui, en effet, ne voudrait imiter ce qu'il aime ? Si tu n'aimes pas le Christ, tu ne l'imiteras pas et tu ne le suivras pas. Car c'est après l’avoir interrogé sur son amour qu'il a dit à Simon Pierre « Suis-moi » (Jn 21.19), c'est-à-dire imite-moi. Oui, il faut suivre le Christ et adhérer à lui. « Il m'est bon, dit l'Écriture, d'adhérer à Dieu » (Ps 73.28). «Mon âme adhère à toi, ta droite me soutient» (Ps 63.9). « Car celui qui adhère au Seigneur est un seul esprit avec lui »(I Co 6.17). Non pas seulement un seul corps, mais un seul esprit. L’Esprit du Christ anime tout son corps. Par le corps du Christ, on parvient à l'Esprit du Christ. Demeure par la foi dans le corps du Christ et tu seras un jour un seul esprit avec lui. Déjà par la foi, tu es uni à son corps; par la vision tu le seras aussi à son esprit. Pourtant, la foi n'est pas ici-bas sans l'Esprit, et l'esprit ne sera point là-haut sans le corps, car nos corps ne seront pas alors des esprits, mais ils seront spirituels.

Manger spirituellement le corps du Christ, c'est donc avoir en lui une foi pure, chercher le contenu de cette foi par une méditation fervente et assidue, trouver par l'intelligence ce que nous cherchons, aimer ardemment ce que nous avons découvert, imiter dans la mesure de notre possible celui que nous aimons, adhérer sans cesse à lui en l'imitant et, par cette adhésion, parvenir à l'union éternelle.

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